mercredi 23 décembre 2020

mot d'origine arabe Goudron قطران

 

 

mot d'origine arabe Goudron قطران

Goudron - قطران GOUDRON - N. m. De l'arabe. gatran/gutran. Var. maghr.: gatran. Passé à l'esp. alquitran (par agglutination de l'article al-). Sorte de poix, visqueuse, que l'on retire des arbres résineux, en les faisant brûler; résidu obtenu par distillation de la houille. Les marins ar. l'utilisaient comme matière à calfater*. Le mot vient de la racine (قطر),qtr, qui a donné le verbe qatara, «distiller », d'où (تقطير), taqțir, distillation ». Le goudron végétal, tiré du bois (pin, cèdre, etc.), contient du naphtalène et de la paraffine. Le goudron de houille fournit de nombreux dérivés comme le benzène* et le naphtalène. Attesté dans le Dict. de l'Ac. depuis 1694, il est signalé dès 1160, sous les formes lat. catarannus puis catranum; en 1195, catran: « produit visqueux obtenu par distillation » (Amboise, Guerre sainte, cit. ds TLF). La forme en gou- serait due à l'infl. de «goutte». D'où, en 1309, une première forme en goutren (E. de Freville, Mémoires sur le commerce maritime de Rouen, cit. ds TLF). C'est à partir de 1647 qu'il prend sa forme actuelle (pour les formes successives, TLF renvoie à S. Sguaitamatti-Bassi, Les Emprunts directs faits par le français à l'arabe. jusqu'à la fin du XIIe s., Zurich, 1974, pp. 84-90 - ouvrage non consulté). En médecine vétérinaire, les anciens Arabes utilisaient le goudron dans les compositions traitant les affections de la peau ou favorisant la souplesse du sabot. En thérapeutique, l'eau de goudron, dans laquelle on a fait macérer du goudron végétal, est employée comme stimulant des muqueuses, dans certaines affections des voies respiratoires ou de l'estomac (TLF). À partir de 1832, dans les travaux publics, synonymes de goudron: bitume, asphalte. Au fig. être en plein goudron: être en difficulté. «Je regardais la campagne autour de moi. À travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman. [...] Il me semblait que le convoi marchait un peu plus vite. Autour de moi c'était toujours la même campagne lumineuse gorgée de soleil. L’éclat du ciel était insoutenable. À un moment donné, nous sommes passés sur une partie de la route qui avait été récemment refaite. Le soleil avait fait éclater le goudron. Les pieds y enfonçaient et laissaient ouverte sa pulpe brillante. Au-dessus de la voiture, le chapeau du cocher, en cuir bouilli, semblait avoir été pétri dans cette boue noire. J'étais un peu perdu entre le ciel bleu et blanc et la monotonie de ces couleurs, noir gluant du goudron ouvert, noir terne des habits, noir laqué* de la voiture. Tout cela, le soleil, l'odeur de cuir et de crottin de la voiture, celle du vernis et celle de l'encens, la fatigue d'une nuit d'insomnie, me troublait le regard et les idées.» (ALBERT CAMUS, L'ÉTRANGER, GALLIMARD, cou. Fouo, 1982, P. 27-29.)

mot d'origine arabe Récif رصيف


 

mot d'origine arabe Récif رصيف

Récif - رصيف RÉCIF - Laaj @ N. m. De l'esp. arracife (1280), «chaussée, chemin empierré », puis arrecife (1498); ou du port. recife; esp. comme port. empr. à l'ar. (الرصيف), al-rassif (prononc. ar-rassif, par assimilation du L de l'article.): «barre, plate-forme, jetée », dans l'expression,(رصيف صخري) rassif sakhriyyi, «barre rocheuse, écueil ». En port., souligne TLF, «le mot est attesté depuis 1258 comme toponyme sous la forme Arracefe; en 1507: arrecife, "digue, môle, quai”; et, au XVIe s., par aphérèse : recife », Le mot est admis dans le Dict. de l'Ac. en 1762, sous la forme ressif, puis, en 1798, sous les deux formes récif et ressif. En 1835, puis 1878: récif, rescif et ressif sont également mentionnés dans le Dict. de l'Ac. et dans le Littré. C'est seulement à partir de 1935 que la forme actuelle s'impose, y compris dans Le Robert et chez Larousse. Le dict. de Trévoux avait adopté la forme récif en 1721. En 1839, Ch. Darwin, dans Voyage d'un naturaliste autour du monde (trad. fr., 1875), innove avec « récif de corail ». Au fig.: «récifs de l'orthographe». Hugo, dans Feuilles d'automne (1831), écrivant à Lamartine, fait rimer récif avec esquif; de nos jours, les « récifs de l'orthographe», il n'y a même plus les dictées à la Pivot pour les faire rimer… À toute étymologie, son contradicteur. C'est ainsi que le Dict. étym. de Roquefort fait dériver récif «du lat. cisus, brisé, taille.. Et que dire du célèbre R. de Gourmont, qui, dans son Esthétique de la langue française (Mercure de France, 1899, p. 81), attribue les emprunts des uns aux autres, en vrac: «L'allemand moderne a donné au français flamberge, fifre, sabre, vampire, rosse, hase, bonde, gamin; le flamand: bouquin; le portugais: fétiche, bergamote*, caste, mandarin, bayadere ; l'espagnol: tulipe, limon*, jasmin", jonquille, vanille, cannelle, galon, mantille, mousse (marine), récif.. « Les leçons de Denis sont les plus belles. Il m'enseigne le ciel, la mer, les cavernes au pied des montagnes, les champs en friche où nous courons ensemble, cet été-là, entre les pyramides noires des murailles créoles. Parfois nous partons dès l'aube, alors que les sommets des montagnes sont encore pris dans la brume, et que la mer basse, au loin, expose ses récifs. [...] La première lumière brille sur la terre rouge, éclaire les feuilles sombres. La brume s'effiloche au sommet des montagnes, le ciel est maintenant intense. J'imagine la mer couleur d'azur* près de la barrière de corail, encore noire à l'embouchure des rivières. "Guette!" dit Denis. Il est immobile sur le sentier, et me montre la montagne, du côté des gorges de la Rivière Noire. Je vois un oiseau très haut dans le ciel, qui se laisse glisser sur les courants aériens, la tête un peu tournée de côté, sa longue queue blanche traînant derrière lui. "Paille-en-queue", dit Denis. C'est la première fois que je le vois.» J. M. G. LE CLÉZIO, LE CHERCHEUR D'OR, GALLIMARD, 1985, P. 36.)


mardi 22 décembre 2020

Terry MOORE Pourquoi la lettre X représente l'inconnu

 

Why is 'x' the unknown? | Terry Moore

dimanche 20 décembre 2020

le parallèle entre les enfants d'Israël et Iblis


 le parallèle entre les enfants d'Israël et Iblis
La sourate 2 commence par le récit d'Adam à partir du verset 30, puis se poursuit avec le récit des Hébreux à partir du verset 40. Cet enchaînement a pour but d'établir un parallèle entre les deux récits. Cependant, la longue histoire du peuple hébreu peut être comparée au récit d'Adam de plusieurs manières, selon l'époque étudiée. Comme cela a été vu, la sourate VII nous informe que les enfants d'Israël ont « hérité » de la puissance mondiale sous le règne de David et Salomon, de même qu’Adam a hérité son califat d'espèces antérieures. La sourate al-Baqara (2) se concentre sur la similarité entre le destin des Juifs et celui de Iblîs, la répétition de la même confusion et de la même tragédie. Cette sourate commence par évoquer les Juifs en rappelant leur refus de reconnaître Muhammad. Or, le Prophète Muhammad issu de la branche ismaélienne, incarne la fin de l'élection divine des enfants d'Israël et le passage à un autre peuple: {Ô enfants d'Israël, souvenez-vous des bienfaits dont Je vous ai pourvus. Respectez mon alliance et Je réaliserai Ma promesse. Alors craignez-Moi * Et croyez en ce que j'ai révélé [la révélation coranique) et ne soyez pas les premiers à y mécroire) (Coran 2.40-41)

يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُوا نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَوْفُوا بِعَهْدِي أُوفِ بِعَهْدِكُمْ وَإِيَّايَ فَارْهَبُونِ ـــ 40 ــــ وَآمِنُوا بِمَا أَنزَلْتُ مُصَدِّقًا لِّمَا مَعَكُمْ وَلَا تَكُونُوا أَوَّلَ كَافِرٍ بِهِ ۖ وَلَا تَشْتَرُوا بِآيَاتِي ثَمَنًا قَلِيلًا وَإِيَّايَ فَاتَّقُونِ ــــ 41 ..

Or ces versets viennent immédiatement après le récit sur Adam où justement il est révélé qu'Iblîs lui aussi avait été auparavant « élu » pour gouverner la Terre et punir les espèces qui la peuplaient, au même titre que les Hébreux avaient été choisis pour régner sur Terre et dominer les autres nations. Puis Iblîs s'est vu destitué et remplacé par un être de condition inférieure (Adam), de même que les enfants d'Israël ont été destitués dans ce rôle de peuple élu et remplacés par une autre lignée, les descendants d'Ismaël.
Comme Iblîs, les Juifs étaient voués depuis le début à être destitués dans leur rôle de « guides de l'humanité », comme le prouvent les textes israélites eux-mêmes et surtout les déclarations de Jésus. Ce dernier était en effet venu leur annoncer la fin de leur élection et le passage à une branche non-davidique?
Exactement comme Iblîs, les Juifs refusent ce transfert de califat, et le contestent au nom des mêmes arguments: une supériorité intrinsèque, leur élection sur la base de la race et non sur la soumission à l'ordre divin. Le concept juif, aujourd'hui sublimé dans le sionisme, consiste à considérer que les Juifs sont le peuple élu, peu importe leur état spirituel. Ce ne serait pas leurs qualités intérieures, leurs « vertus » qui justifiaient leur élection passée et leur déchéance présente, mais leur appartenance « ethnique » et raciale au peuple israélite qui leur garantirait un droit permanent à régner sur le monde, et ce malgré leur trahison des prophètes et leur athéisme massif.
L'avènement de Muhammad et de l'Islam est comparable en cela à l'annonce faite aux anges et à Iblîs qu'ils seront remplacés par l'être humain. Le Coran, en tant que révélation divine qui incarne l'élection d'une nouvelle communauté, est au cœur de la trame historique qui se joue là. Le Coran débute par le califat d'Adam, non seulement pour faire comprendre les origines du règne humain et la nature de la conflictualité avec Iblîs, mais aussi pour comprendre l'enjeu de l'avènement historique de Muhammad et de l'Islam, et le rapport conflictuel qui en résulte avec les enfants d'Israël qui continuent à revendiquer une domination légitime sur l'humanité. C'est à cette conclusion que nous amène naturellement la sourate
*La chute du Paradis*
1. Dans les Evangiles, des Pharisiens demandent à Jésus si le « Messie »
(dans le texte original, la question concernait en réalité le Prophète Muhammad) sera un descendant de David. Mais Jésus, rejette cet avis: « Comment peut-on affirmer que le Messie est descendant de David ? Car David déclare lui-même dans les Psaumes: "Le Seigneur-Dieu a dit à mon Seigneur, viens siéger à ma droite. Je veux contraindre tes ennemis à te servir de marchepieds”. David l'appelle donc Seigneur. Comment le messie peut-il être aussi le descendant de David ? » (Luc, 20/41-44).
Par ailleurs, il existe un autre parallèle entre l'histoire de Adam et celle des enfants d'Israël, par le biais des connivences linguistiques (ou homonymies). C'est-à-dire que des expressions parfaitement similaires sont utilisées dans les deux récits pour créer des passerelles et souligner la répétition d'une même Sunna, d'un même mécanisme historique. Pour Adam, Dieu lui dit: {Nous dîmes à Adam: « Demeure toi et ton épouse au Paradis, et mangez-y ce que vous désirez »} (Coran 2.35)

وَقُلْنَا يَا آدَمُ اسْكُنْ أَنتَ وَزَوْجُكَ الْجَنَّةَ وَكُلَا مِنْهَا رَغَدًا حَيْثُ شِئْتُمَا وَلَا تَقْرَبَا هَٰذِهِ الشَّجَرَةَ فَتَكُونَا مِنَ الظَّالِمِينَ (35)

Pour les enfants d'Israël, une recommandation similaire leur est faite par la bouche de leur prophète Moïse, selon des termes exactement identiques : {On leur dit: « entrez dans ce village et mangez-y ce que vous désirez »} (Coran 2.58)

وَإِذْ قُلْنَا ادْخُلُوا هَٰذِهِ الْقَرْيَةَ فَكُلُوا مِنْهَا حَيْثُ شِئْتُمْ رَغَدًا وَادْخُلُوا الْبَابَ سُجَّدًا وَقُولُوا حِطَّةٌ نَّغْفِرْ لَكُمْ خَطَايَاكُمْ ۚ وَسَنَزِيدُ الْمُحْسِنِينَ (58)

Pour Adam, après avoir désobéi à l'ordre divin, il est « descendu » sur Terre: {Nous leur dîmes : « descendez-en, ennemis les uns des autres, vous aurez sur Terre un lieu de demeure »} (Coran 2.36)

فَأَزَلَّهُمَا الشَّيْطَانُ عَنْهَا فَأَخْرَجَهُمَا مِمَّا كَانَا فِيهِ ۖ وَقُلْنَا اهْبِطُوا بَعْضُكُمْ لِبَعْضٍ عَدُوٌّ ۖ وَلَكُمْ فِي الْأَرْضِ مُسْتَقَرٌّ وَمَتَاعٌ إِلَىٰ حِينٍ (36)

Pour les enfants d'Israël, après avoir désobéi eux aussi et demandé à Moïse de vivre de la terre, ce dernier leur répond selon les mêmes termes : {« Descendez en ville, vous y trouverez ce que vous désirez »} (Coran 2.61)

وَإِذْ قُلْتُمْ يَا مُوسَىٰ لَن نَّصْبِرَ عَلَىٰ طَعَامٍ وَاحِدٍ فَادْعُ لَنَا رَبَّكَ يُخْرِجْ لَنَا مِمَّا تُنبِتُ الْأَرْضُ مِن بَقْلِهَا وَقِثَّائِهَا وَفُومِهَا وَعَدَسِهَا وَبَصَلِهَا ۖ قَالَ أَتَسْتَبْدِلُونَ الَّذِي هُوَ أَدْنَىٰ بِالَّذِي هُوَ خَيْرٌ ۚ اهْبِطُوا مِصْرًا فَإِنَّ لَكُم مَّا سَأَلْتُمْ ۗ وَضُرِبَتْ عَلَيْهِمُ الذِّلَّةُ وَالْمَسْكَنَةُ وَبَاءُوا بِغَضَبٍ مِّنَ اللَّهِ ۗ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ كَانُوا يَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَيَقْتُلُونَ النَّبِيِّينَ بِغَيْرِ الْحَقِّ ۗ ذَٰلِكَ بِمَا عَصَوا وَّكَانُوا يَعْتَدُونَ (61)

Cette connivence linguistique suscite une autre comparaison entre les deux récits: Adam est, au début, placé au « Paradis » où il échappe aux peines, à la pénurie et la désolation: {Tu n'y éprouveras ni la faim, ni la nudité * Tu n'y subiras ni la soif, ni l'insolation} (Coran 20.118-119)

إِنَّ لَكَ أَلَّا تَجُوعَ فِيهَا وَلَا تَعْرَىٰ (118) وَأَنَّكَ لَا تَظْمَأُ فِيهَا وَلَا تَضْحَىٰ (119) ..

Mais pour avoir désobéi, Adam est déchu de ce Paradis et rétrogradé sur la Terre où il sera condamné au labeur et aux souffrances. Il s'agit donc d'un hubût (descente, dégradation).
Après avoir quitté l’Egypte, les Hébreux eux aussi échappent aux peines et aux souffrances. Pour ne pas être soumis au labeur, la « manne » pousse miraculeusement chaque jour et des cailles se laissent attraper : {« Nous vous couvrîmes de nuages, et Nous descendîmes sur vous la manne et la caille, alors mangez de ces bonnes choses dont Nous vous avons pourvues ».} (Coran 2.57)

وَظَلَّلْنَا عَلَيْكُمُ الْغَمَامَ وَأَنزَلْنَا عَلَيْكُمُ الْمَنَّ وَالسَّلْوَىٰ ۖ كُلُوا مِن طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ ۖ وَمَا ظَلَمُونَا وَلَٰكِن كَانُوا أَنفُسَهُمْ يَظْلِمُونَ (57)

Mais non contents de ce « paradis terrestre », les Hébreux se lassent de cette nourriture et finissent par convoiter le mode de vie laborieux des autres humains: {« Ô Moïse, nous sommes lassés de manger une seule nourriture. Demande à ton Seigneur qu'Il fasse pousser pour nous entre autres produits de la terre, des légumes,des concombres, de l'ail, des lentilles et des oignons ».} (Coran 2.61)

وَإِذْ قُلْتُمْ يَا مُوسَىٰ لَن نَّصْبِرَ عَلَىٰ طَعَامٍ وَاحِدٍ فَادْعُ لَنَا رَبَّكَ يُخْرِجْ لَنَا مِمَّا تُنبِتُ الْأَرْضُ مِن بَقْلِهَا وَقِثَّائِهَا وَفُومِهَا وَعَدَسِهَا وَبَصَلِهَا ۖ قَالَ أَتَسْتَبْدِلُونَ الَّذِي هُوَ أَدْنَىٰ بِالَّذِي هُوَ خَيْرٌ ۚ اهْبِطُوا مِصْرًا فَإِنَّ لَكُم مَّا سَأَلْتُمْ ۗ وَضُرِبَتْ عَلَيْهِمُ الذِّلَّةُ وَالْمَسْكَنَةُ وَبَاءُوا بِغَضَبٍ مِّنَ اللَّهِ ۗ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ كَانُوا يَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَيَقْتُلُونَ النَّبِيِّينَ بِغَيْرِ الْحَقِّ ۗ ذَٰلِكَ بِمَا عَصَوا وَّكَانُوا يَعْتَدُونَ (61)

Comme Adam qui fut déchu du Paradis pour avoir désobéi, les Hébreux sont déchus de ce mode de vie et se voient ordonner de rejoindre les villages du Sinaï pour revenir à une vie laborieuse et avilissante. Le terme employé dans le verset est le même que pour Adam, le hubût (la dégradation): {Il dit : « vous désirez échanger le meilleur pour le pire? Alors descendez en ville, vous y trouverez ce que vous demandez ». Ils furent dès lors frappés de l'avilissement et de la mesquinerie, et encoururent la colère divine} (Coran 2.61)

وَإِذْ قُلْتُمْ يَا مُوسَىٰ لَن نَّصْبِرَ عَلَىٰ طَعَامٍ وَاحِدٍ فَادْعُ لَنَا رَبَّكَ يُخْرِجْ لَنَا مِمَّا تُنبِتُ الْأَرْضُ مِن بَقْلِهَا وَقِثَّائِهَا وَفُومِهَا وَعَدَسِهَا وَبَصَلِهَا ۖ قَالَ أَتَسْتَبْدِلُونَ الَّذِي هُوَ أَدْنَىٰ بِالَّذِي هُوَ خَيْرٌ ۚ اهْبِطُوا مِصْرًا فَإِنَّ لَكُم مَّا سَأَلْتُمْ ۗ وَضُرِبَتْ عَلَيْهِمُ الذِّلَّةُ وَالْمَسْكَنَةُ وَبَاءُوا بِغَضَبٍ مِّنَ اللَّهِ ۗ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ كَانُوا يَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَيَقْتُلُونَ النَّبِيِّينَ بِغَيْرِ الْحَقِّ ۗ ذَٰلِكَ بِمَا عَصَوا وَّكَانُوا يَعْتَدُونَ (61)

Les passerelles d'un verset à un autre par des connivences linguistiques permettent de révéler des Lois intemporelles dans l'histoire humaine. Ainsi le verbe habata (substantif: hubût) pour « descendre » est un terme rare. Ailleurs dans le Coran c'est le verbe Nazalal Anzala qui est employé pour exprimer l'idée de « descendre ». Le verbe habata est exclusivement employé dans trois récits: Adam,les Hébreux, ainsi que Noé (Nûh), comme ici: {Il fut dit à Noé: « descend [de l'Arche] couvert de Notre Paix et de Notre bénédiction, ainsi que sur les Nations qui t'accompagnent (...) »} (Coran 11.48)

قِيلَ يَا نُوحُ اهْبِطْ بِسَلَامٍ مِّنَّا وَبَرَكَاتٍ عَلَيْكَ وَعَلَىٰ أُمَمٍ مِّمَّن مَّعَكَ ۚ وَأُمَمٌ سَنُمَتِّعُهُمْ ثُمَّ يَمَسُّهُم مِّنَّا عَذَابٌ أَلِيمٌ (48)

Le hubût exprime donc la dégradation progressive de l'humanité à travers le temps, et le passage de périodes à d'autres à des moments clefs de son histoire.

sourate 18 Al Kahf (La caverne) Aride - جُرُز

 

 

جُرُز 

sourate 18 Al Kahf (La caverne)


[18.8]
وَإِنَّا لَجَاعِلُونَ مَا عَلَيْهَا صَعِيدًا جُرُزًا
Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.

صَعِيد
poussière

Mot de même racine صَعُد « une pente » :

سورة المدثر
[74.17]
سَأُرْهِقُهُ صَعُودًا
Je vais le contraindre à gravir une pente.

Donc aujourd’hui nous voyons des montagnes et bâtiments élevés, buildings, etc. (صَعُد) Cependant, ils s’effondrement tous tôt ou tard, et nous verrons alors un tas de poussières autour de nous (صَعِيد).

 

 


جُرُز
Fin de vie/ mort

Venant du mot جَرز : « anéantir un terrain de sorte que nul végétation ne puisse pousser ».
Exemple : lorsque qu’un terrain porte des arbres, plantes et toutes sortes de vie, et que cela vient à être détruit, on dira que ce terrain est stérile, mort : جُرُز.

Par ces deux mots, Allah تعالى nous dit que tout ce qui s’élève et ce qui se trouve à nos pieds deviendra sans vie, poussière (moins que rien).

Allah le Très-Haut a montré Sa puissance créatrice sur toute la terre, comment il a placé de si nombreuses variétés d’espèces vivantes, de différentes tailles et de beauté en elles. Et bien malgré cela, Allah تعالى fera que tout devienne sans vie, moins que rien.


 

A l'ombre de l'épée, tom holland

 

A l'ombre de l'épée, tom holland, Naissance de l'islam, grandeur de l'empire arabe 

https://archive.org/details/alombretomholland/ 

Résumé
Tom Holland a consacré son œuvre aux grands empires de l’Antiquité. Dans À l’ombre de l’épée, il nous raconte une histoire d’une ampleur mythologique : la fin de l’ancien monde et la naissance d’une nouvelle puissance, l’Islam. Écrite dans une langue éloquente, vive et ciselée, cette vaste fresque se veut aussi une étude fouillée : l’auteur aborde ici une réflexion qui, depuis des décennies, fait matière à débat : l’Islam est-il né d’emblée comme une religion pleine et entière, forte de tous ses fondements et préceptes, ou a-t-il connu une croissance et une évolution progressives, à partir du terreau de l’Antiquité ? Cette question n’a rien de scholastique, et Tom Holland nous la présente avec un sens du récit et de la tension dramatique qui n’a d’égal que son érudition, toujours accessible. Son étude s’appuie sur plusieurs travaux et se fonde sur un constat : la plus ancienne biographie de Muhammad (ou Mahomet) date de deux siècles après sa mort, ce qui laisse planer l’incertitude sur son exactitude historique. Plus encore, cette chronique du Prophète contredirait le Coran lui-même. Jamais manichéen, Tom Holland sait faire vivre ces figures historiques et religieuses avec autant d’esprit que d’empathie. L’émergence de l’empire arabe se déploie dans ces pages en une histoire étourdissante, nourrie d’épisodes tragiques, de personnages stupéfiants et de conquêtes écrasantes. Elle s’inscrit dans une autre histoire plus vaste, celle des monothéismes, entamée dans le monde ancien, et qui fonde notre monde moderne.

Tom Holland (né en 1968 à Salisbury, Angleterre) est un écrivain et historien britannique, spécialiste de l’Antiquité Grecque, Perse et Romaine. Il vit à Londres. Après avoir adapté Hérodote, Homère et Virgile pour la BBC, il a publié des ouvrages sur la fin de la République romaine et l'installation de l'Empire  dont son premier best-seller Rubicon, Little, Brown, 2004 sur le choc entre l'Empire perse et les cités grecques au ve siècle av. J.-C.   Dans son quatrième ouvrage historique — A l’ombre de l’épée —, Tom Holland s'intéresse à la civilisation qui a porté un coup fatal aux Romains et aux Perses : la civilisation islamique arabe. Il y dévoile la face cachée de Mahomet 

Tuer l'Apostat est un mensonge réfuté par le Saint-Coran

    قتل المرتد أكذوبة ينقضها القرآن الكريم Tuer l'Apostat est un mensonge réfuté par le Saint-Coran .  Ces conversations (hadiths) il y ...